De l’amitié sur Internet
Je rebondis sur le Tweet d’un interlocuteur sur Twitter au sujet des relations via Internet :
j’ai surtout peur qu’on « consomme » de l’ami, au lieu de tisser de vrais liens entre humains.
Depuis fin 2010/début 2011, j’essaye de réduire ma liste d’« amis » sur Facebook. J’en étais arrivé à 67, puis 65 après que deux de mes « amis » ne me considèrent plus comme tel. C’est à cette époque-là que je m’étais dit que non, là, vraiment, en aucun cas, je n’ai 65 « amis », et que cette liste n’incluait même pas tous mes « vrais » amis, ou encore qu’il s’agissait surtout d’une liste de personnes qui lisent mes bêtises privées (mon compte étant largement restreint d’accès). Bref, que les « amis Facebook » et les « vrais amis » étaient deux ensembles distincts. (On verra pour Google Plus et ses Cercles quand je pourrai enfin migrer mes comptes Google Apps, laissés dans un état improbable depuis leur fusion avec des comptes Google voici quelques mois. Comme quoi, la vie sociale sur Internet, c’est très technique, et… très dur.)
La mission que je me suis fixée était donc la suivante : réduire la liste de mes « amis Facebook » à 10 individus, un nombre arbitraire, mais qui semble plus en rapport avec le nombre de « vrais amis » que la limite de quelques milliers de liens de Facebook ou Windows Live Messenger.
L’élimination du premier quart d’« amis Facebook » n’a posé aucun problème : de vagues connaissances que j’ai rencontrées « dans la vraie vie » pour la plupart, ou que je « connaissais » par ailleurs, sans que l’on soit proche. Certains ont résisté, en envoyant une invitation à redevenir amis facebookiens de nouveau, invitations que j’ai poliment rejetée en appuyant sur un bouton bleu (les règles de politesse ne sont plus ce qu’elles étaient, en effet).
Le second quart était guère plus délicat à identifier et à supprimer, puisqu’il s’est agi d’éliminer les comptes inactifs, ou du moins des comptes de personnes qui se servaient avant tout de Facebook pour jouer à des jeux vidéo débiles qui polluaient leur « mur », et, en conséquence, le mien. C’est fou ce que ces logiciels à la con peuvent être prolifiques, en termes de contenus sans intérêt. Et c’est fou qu’autant de gens trouvent cela tout à fait normal de se faire ainsi envahir par de la publicité. J’imagine que pendant que ces personnes polluent des téra-octets de disques durs de choses totalement sans intérêt — sérieux, ça intéresse qui votre score à ce jeu débile à part vos amis qui jouent déjà à ce jeu et avec qui vous vous battez en duel privé ? —, ils militent contre la pollution et pour la sauvegarde des bébé phoques (une fois adultes, c’est bon, on peut les égorger par millions).
Et c’est là que ça a commencé à devenir dur.
Retirer des « amis » restants un à un a réclamé réflexion. Oui, untel est vaguement actif, je l’apprécie, mais en fait, on n’est pas amis. Certes, tel autre est intéressant, mais ai-je vraiment besoin de lui dévoiler ma vie privée ? Oui, toi, là, on bosse ensemble, mais, d’ailleurs, ne sommes-nous pas dans une relation de client-fournisseur, plutôt que dans une relation amicale, même si nous nous apprécions mutuellement ? Lui, il m’appelle souvent, mais il se contente de surveiller son réseau d’amis sur Facebook, sans aucune interaction. Je le sais, il me l’a dit. Clic ? Oh, et elle, là… oui, une ex, ça s’éjecte aussi, même si c’est une personne charmante.
Alors voilà, là, j’en suis à 15. 15 ans, soit un tiers à retirer. Pas évident, sans fâcher des « vrais gens ». D’autant que j’en ajoute parfois, à l’occasion. Et j’en vire aussi souvent.
Pour autant, dans les 15, il manque des gens dans la liste, qui comptent à mes yeux. Il y en a quelques uns que je retirerais bien, mais je sais que ce sera mal perçu. Mais en gros, à titre personnel, j’estime que, en dehors de la famille, une petite vingtaine de personnes comptent « vraiment » à mes yeux. Et que celles qui comptent ne sont pas forcément dans ma liste d’« amis Facebook ». À voir à l’usage avec Google Plus, donc, quand il voudra bien de moi.
Et vous, comment utilisez-vous Facebook ? Quelle attitude avez-vous adoptée pour la gestion de vos « amis » ?

Je ne sais plus si j’ai créé mon compte facebook pour ne pas mourir idiot, ou bien parce qu’il était nécessaire pour créer une « app » facebook. Autant dire, je ne suis pas un fan de la première heure.
Pourtant, j’utilise les médias sociaux depuis longtemps: linkedin (limité à sa définition initiale: uniquement des personnes sur lesquelles je peux émettre un avis de leur capacités professionnelles, autrement dit avec lesquelles j’ai travaillé suffisamment longtemps), twitter (principalement comme lien social, travaillant souvent à distance, mais aussi comme outil de veille), plaxo (dans l’espoir de conserver les coordonnées de personnes auxquelles je ne suis pas lié dans linkedin ou viadeo), viadeo (pour les relations professionnelles francophones et ceux qui ne rentrent pas dans les critères linkedin).
Et facebook? Tout comme googleplus, voir viadeo: j’accepte « tout venant », pour peu que je « connaisse » la personne (soit via un forum, une ml, une rencontre, …). Bref, une notion d’amis étendue, à mi-chemin entre la relation qui compte et la « connaissance ». Pour autant, je ne suis pas demandeur: je je vais tenter de me « connecter » qu’aux personnes que je connais un tant soit peu. Un peu comme un barbecue géant, où l’on peut discuter avec n’importe qui, sans forcément se connaitre personnellement. Bien sûr, mon contenu, mes publications sont en rapport avec cette relative superficialité.
Et pour les vrais amis, les personnes qui comptent… paradoxalement, c’est l’email (privé), le téléphone, les restos!
Et bien pour commencer un mercredi, je tombe sur un bien belle analyse et sur un problème disons … irrésolvable ?
Je te suis tout à fait dans le raisonnement que tu as sur les amis sur le net, j’insiste sur le mot ami ou on implique une logique de réciprocité, d’échanges, pas comme sur certains réseaux sociaux ou tu peux avoir une multitude d’amis sans en connaitre ou avoir échangé le moindre mot avec le dixième. En effet, l’univers virtuel permet d’avoir une approche et une prise de contact relativement simple ou l’humain ne doit pas faire d’efforts. Transposer cette approche dans la vie réelle serait totalement impensable et hilarant, comme le montre le sketch de Jerome Commandeur « Facebook » http://www.youtube.com/watch?v=hbicoc15D7I.
La « facilité » d’utilisation qu’offrent les réseaux sociaux permet justement ce type de « dérive », à savoir récolter une quantité innombrable d’ »amis ». Ce qui, entre nous, convient parfaitement aux concepteurs de ces plateformes.
Il est – selon moi – très difficile de devoir choisir le dernier tiers dans ton cas, puisque tu insistes bien sur un aspect complètement impersonnel du réseau social : l’aspect humain. C’est toujours plus simple d’expliquer à quelqu’un pourquoi on s’absente, pourquoi on ne lui a pas répondu, pourquoi ton profil n’est pas a jour … dans la vrai vie.
Sinon pour répondre à la question de ton billet, je ne suis pas sur Facebook parce que je ne veux pas y être. Les conditions d’utilisations semblent avoir été rédigées par un dictateur, et je ne voulais justement pas me retrouver dans le cas dans lequel tu trouves aujourd’hui, c’est à dire choisir mes vrais amis, sans froisser ceux que je considère vraiment comme des amis, mais pas sur facebook (centre d’intérêts différents du cercle web social par exemple).
Sinon en ce qui concerne les réseaux sociaux plus généralement, il y a vraiment des personnes que j’aimerai rencontrer IRL, il y en a que j’ai rencontré grâce aux réseaux, et il y en a même avec qui j’ai noué une certaine « amitié ».
Voila mister, surement un avis parmi tant d’autres.
Arf, c’est que c’est uen tache herculéenne que tu viens de te faire subir – De mon coté rien qu’avec la famille… j’en suis a bien plus que 15 et je ne pourrais jamais réduire ma liste d’amis a 15 – Mais mon point n’est pas la.
Je comprends ta démarche mais il faut aussi se dire qu’une liste « d’amis » peut aussi correspondre a un besoin (de toi ou des autres) – perso je vis a l’etranger et nombre de mes connaissances suivent ma vie – bien sur tous ne sont pas des « amis » mais ce sont des gens qui je pense ne méritent pas d’etre supprimés de la liste – Ensuite pour certains autres cas – il existe différente plateformes pour différentes taches, le client / fournisseur par exemple c’est un contact Linkedin pour moi, pas facebook
Martin, mon cher Martin…
Pourquoi avoir une utilisation aussi restrictive de Facebook, et prendre à la lettre le terme « ami » ???
Au risque même de te facher avec des gens, qui s’ils ne sont pas de vrais « amis » peuvent être néanmoins de « bons copains »…
J’ai eu au départ une utilisation très restrictive de Facebook, en limitant le plus possible mes contacts…
Respect de la vie privée, etc…
Or, dans mon idée la vie privée est beaucoup plus en danger sur Twitter que FB…
Essaie de retourner complètement ton utilisation de Facebook, tu verras que cela ne change rien….
J’ai des contacts FB qui ont 1500 amis… cela ne change rien au respect de leur intimité…
Pour ma part, j’ai décidé de suivre le chemin inverse, et de me comporter sur Fb comme sur Twitter, et d’accepter tout le monde…, mes contacts twitter, des gens sur Fb, tous les bars/restaus/musées qui passent devant mes yeux…
Facebook a depuis retrouvé tout son réel intérêt