De la glauquitude de (la Wikipédia envers) Dawson’s Creek

Une pose typique de Joey Potter : la tête vers le bas, les yeux vers le haut

Une pose typique de Joey Potter : la tête légèrement inclinée vers le bas, les yeux vers le haut, pose parfois accompagnée d'un léger sourire

Je suis un grand fan de séries télé. Mais au-delà de la série elle-même, ce sont les personnages qui attirent mon attention, et en particulier leur évolution, ainsi que l’évolution des rapports qu’ils entretiennent entre eux. Un jour prochain, je vous parlerai de mon idée de formation des cadres à base de situations issues de séries télé, mais d’ici là, permettez-moi de vous parler du scandale qui me ronge en ce moment : de la glauquitude de Dawson’s Creek, une série culte de la fin des années 1990-début des années 2000 où des adolescents de treize ans, mais qui en paraissent vingt-cinq découvrent les joies et les peines de la vie.

Commençons par un drame : à treize ans, la mère de Joey meurt d’un cancer. De la joie ? Entrant de plein pied dans l’adolescence, Joey et son meilleur ami Dawson tombent fous amoureux l’un de l’autre, jusqu’à ce que — c’était trop beau pour durer — Joey embrasse un autre garçon, Jack. De la peine ? Si Joey sort un temps avec Jack, la relation s’arrête aussi vite qu’elle a commencé lorsque Jack se découvre gay. Le sadisme des scénaristes de la série va toutefois beaucoup plus loin. Alors que son père revient de prison, il ne faudra pas longtemps à Joey, avec le concours de Dawson, pour l’y renvoyer. Une mère décédée, un père en prison, c’est avec sa grande sœur que Joey devra passer son adolescence sous les yeux de millions de téléspectateurs.

Or, parmi ces millions de téléspectateurs, il y en a qui sont plus voyeurs que d’autres, parmi lesquels… des contributeurs de la Wikipédia, l’encyclopédie en ligne. Et c’est donc avec une foule de détails que la vie amoureuse de Joey y est minutieusement décortiquée : pas moins de neuf petits amis durant les six saisons de la série et dix-sept relations amoureuses, sans compter les baisers volés, tous scrupuleusement rapportés et commentés.

Autant vous dire que si cette série pour ados pré-pubères peut paraître cul-cul la praline et naïve à souhait au premier abord, se plonger au cœur des fiches de renseignements de chaque personnage de la série dans l’encyclopédie libre (malheureusement disponibles uniquement en anglais) a de quoi faire naître un profond sentiment de glauquitude.

En effet, Joey, tout comme Marc L., n’a-t-elle pas le droit à l’oubli ?

Donnez votre avis

Dites-nous ce que vous pensez...
oh ! et si vous souhaitez une image s'afficher avec votre commentaire, créez un gravatar!