Une araignée au plafond ou de la théorie de l’évolution et du créationnisme
Contexte
C’est en vouloir chasser une mouche de mon bureau que je me suis approché de la fenêtre. En effet, lorsque je peux me débarrasser d’un insecte sans avoir à le toucher et sans avoir à me débarrasser de son cadavre, je ne me gêne pas.
Mouche, évolution et créationnisme
La mouche volait dans mon bureau, s’orientant à grande vitesse vers la fenêtre. Ca n’a pas manque. Boum ! Elle s’est prise la vitre en pleine tête.
Les créationnistes pourront arguer que la mouche est un insecte de création divine. En effet, la mouche est apparue avant l’invention du verre et n’a donc pas pu s’y adapter par évolution darwinienne. Elle a beau se cogner contre une vitre, non seulement, elle survit, mais en plus, elle ne s’en trouve nullement affectée. Et puisque la théorie de l’évolution n’est qu’un théorie, la théorie de la création divine n’est pas à écarter.
Araignée, évolution et créationnisme
C’est donc en cherchant à me débarrasser de la mouche que j’ai aperçu une araignée au plafond. En fait, une grosse araignée tissait une nouvelle toile, sur le rebord de la fenêtre, côté extérieur. Et j’insiste bien sur nouvelle toile, car elle en avait déjà tissé une dans un coin. Et je comprends qu’elle en tisse une, puisque la précédente a fait mouche, si vous me permettez ce jeu de mots facile : une mouche y était déjà piégée. Et regardez donc le bon plan : tous les soirs, j’allume la lumière dans mon bureau, ce qui attire divers insectes volants. Et sur leur chemin ? Une vitre, certes. Mais aussi : une toile. Et hop ! les insectes s’engouffrent dans la toile.
Là encore, je me permettrai de noter que l’araignée date d’avant l’invention de la vitre et d’avant les tout premiers immeubles de plusieurs étages. Par conséquent, la théorie de l’évolution chère à Darwin ne peut expliquer une telle adaptation. C’est là où la théorie de l’intervention divine en profite pour faire sa promotion.
Darwinisme, créationnisme et évolution de la science
Si en France, la théorie de l’évolution (ou darwinisme) est la seule enseignée à l’école publique, la théorie de la création divine (ou créationnisme) gagne du terrain en de nombreux territoires de par le monde, essentiellement dans les pays riches, comme le Canada, qui ont une qualité d’enseignement en principe élevée.
Le créationnisme prend sa source dans la Bible et est une interprétation scientifique (parfois) ou pseudo-scientifique (souvent) des écrits de la Bible. Ainsi, puisque l’on peut trouver dans la Bible la liste des descendants d’Eve et d’Adam avec leurs âges de décès respectifs, on peut estimer l’âge de la Terre et de l’Univers à quelque cinq à dix mille ans. Cet axiome étant posé, il n’y a plus qu’à remplir les trous entre le néant initial et aujourd’hui sur une période aussi courte.
Le darwinisme est plus récent, puisque le naturaliste britannique Charles Darwin a exposé sa théorie de l’évolution des espèces au cours du XIXe siècle à peine. Cette théorie implique que les individus les plus adaptés à leur milieu sont ceux qui survivent et se reproduisent mieux que les autres, et qu’au fil des générations, les caractéristiques les plus adaptées se retrouvent et se renforcent grâce aux individus qui les transmettent à leurs descendance, alors que les caractéristiques les moins adaptées disparaissent avec les individus inadaptés qui meurent sans laisser de descendance.
La théorie de l’évolution de Darwin est celle qui est privilégiée par l’essentiel des scientifiques d’aujourd’hui, alors que la théorie de la création divine de la Bible a longtemps prévalu en Occident jusqu’alors. En effet, l’essentiel des biologistes soutenant l’évolution darwinienne se basent sur la science, à savoir des observations et expériences scientifiquement démontrables, alors que les créationnistes se basent sur la foi, à savoir une croyance ne nécessitant pas de preuve.
Evolution contre créationnisme : qui croire ?
Il n’empêche que les scientifiques ou ceux qui peuvent comprendre la méthode scientifique sont moins nombreux qu’on peut le croire. Et il est rassurant de croire en un Être Suprême, généralement bienveillant, qui juge, mais ne doit pas être jugé, qu’à des méthodes qui nous échappent parfois totalement.
C’est d’autant plus déroutant que pendant des millénaires, le géocentrisme, à savoir la théorie selon laquelle le Soleil tourne autour de la Terre, a prédominé. Depuis Nicolas Copernic et l’héliocentrisme, on considère que c’est la Terre qui tourne autour du Soleil. Cependant, on peut toujours considérer le monde comme centré sur la Terre, c’est juste une question de référentiel rendant les calculs hautement plus complexes !
Par conséquent, ne peut-on pas considérer que la science moderne ne fait qu’expliquer une quelconque création divine, sans que l’une n’exclue l’autre ? Et si la Bible n’était finalement qu’un recueil de légendes modifiées au cours des millénaires de ce que l’on qualifie parfois de téléphone arabe ?
Toujours est-il que si je continue à croire en l’évolution des espèces selon Darwin, je suis très satisfait de constater que l’individu a la liberté de croire en autre chose. C’est en remettant en questions les croyances populaires du moment que les plus grands scientifiques se sont distingués pour des siècles, voire pour des millénaires.
Pour finir, je noterai que si l’araignée a bien choisi son emplacement pour tisser ses toiles sur le rebord de ma fenêtre en ce qui concerne le potentiel des proies à capturer, elle n’est pas aussi adaptée que cela à la situation. En effet, je ne suis pas certain qu’elle pourra assurer longtemps la production de soie si elle doit reconstruire sa toile à chaque fois que j’ouvre ma fenêtre. Aussi, soit son espèce n’aurait pas eu le temps de s’adapter à son environnement urbain actuel, soit Dieu se serait trompé en la créant…

Et qui te dit que l’intention de l’Eternel en la créant, cette petite araignée, était de la rendre adaptable et/ou performante ?
Comment a t’Il pu adopter un point de vue aussi darwiniste et terre-à-terre, alors qu’Il avait sûrement d’autres desseins en tête, bien incompréhensibles pour nous ?
Peut-être que si l’herbe (par exemple) n’a pas d’épines, c’est qu’elle a été créée pour que nous puissions marcher dessus pieds nus ? (bon, ce n’est qu’un exemple plus ou moins poétique et tiré par les cheveux, mais c’est un exemple).