Apprendre la contrefaçon à ses enfants en s’amusant

La « véritable » Ondine (ou Misty en anglais ou Kasumi en Japonais) au Comics Con 2010. Et vous vous demandez pourquoi vos enfants adorent les Pokémon ?

Rassurez-moi : il s'agit bien d'un Batman de contrefaçon, et non de l'original ?!
L’autre jour, par un temps ensoleillé magnifique, alors que je gambadais dans l’herbe la blogosphère, j’ai été ho-rri-fié. Et pour cause ! Jugez-en par vous-même : sous prétexte d’amuser les enfants lors d’un goûter d’anniversaire, une maman expliquait toute sa satisfaction de les avoir occupés à… fabriquer un bilboquet Pokémon, à base d’une balle de ping-pong, d’un carton de rouleau de toilette et d’un fil. Les enfants auraient été ravis d’avoir eu une activité aussi créative que prenante.
Pour ceux qui ne l’auraient pas saisi, sans doute pas encore bien réveillés, je reformule : une mère s’est rendue coupable de faire travailler des jeunes enfants pour fabriquer des jouets de contrefaçon et non conformes aux standards de sécurité européens. Car oui, en plus de faire de ses enfants des délinquants en puissance, leur apprenant que se moquer des lois sur la propriété intellectuelle et industrielle permet de s’amuser, cette mère a-t-elle pensé ne serait-ce qu’un instant aux conséquences sur la vie même des enfants dont elle avait la responsabilité ce jour-là ? Imaginez que l’un de ces enfants utilise le fil du bilboquet pour se pendre, par exemple ? Pire ! Qu’il s’ouvre les veines en voulant ouvrir, en vain, sa Pokéball de contrefaçon ?
Bon, alors c’est sûr, je n’ai pas d’enfants. Du coup, cela me permet d’avoir un maximum de crédibilité (hé hé) face aux (forcément mauvais) parents qui peinent tant bien que mal à les éduquer. En effet, c’est tout à fait logique : à défaut d’enfants, je n’ai commis aucune erreur concernant leur éducation. Oh, mais rassurez-vous ! Et des erreurs, j’en commets à la moindre occasion en jouant aux tontons indignes. Tellement indignes que j’apprends à mes neveux de distinguer les cartes Pokémon originales qu’ils collectionnent des contrefaçons. Et des contrefaçons, dans ce domaine, pour duper les petits, ce n’est pas ce qui manque ! Il y en a de tous les goûts : des contrefaçons de la marque façon industriel chinois qui joue sur l’orthographe de la marque contrefaite à la carte Pokémon scannée, puis imprimée, de manière plus artisanale, clairement identifiable par ses coins carrés, plutôt qu’arrondis. Dur, quand on n’a que cinq ans, de faire la différence. Aussi, est-il bien pertinent, plutôt que de leur inculquer la valeur créative du travail d’autrui, voire même à développer leur propre imagination (soyons fous !), d’apprendre à ses propres enfants et à leurs amis à piller le travail créatif des autres ?
Aujourd’hui, ce sont des Pokémon. Demain, des MP3 et des jeux vidéo. Après demain, des billets de banque et des numéros de cartes bancaires ? Y a-t-il une limite pour cette mère irresponsable et ses enfants de fait délinquants ?

Ha ha ha !
C’est article est parfait pour le 1er avril !
J’adore l’idée de contrefaçon d’une pauvre mère qui essaie d’être créative avec ses bambins !